Le Canyon de Balme en crue
C'était mon premier canyon de la saison. Comme chaque année, j'avais laissé tomber le canyon hivernal au profit du ski de randonnée — chaque saison a son activité.
Ce jour-là, j'allais repérer pour un groupe prévu le lendemain. Le débit était fort, vraiment fort. Ce genre de conditions qui changent complètement le visage d'un canyon qu'on croit connaître.
La partie amont reste praticable par gros débit avec un public averti — les rappels sont accessibles et les passages techniques restent gérables. En revanche la partie aval, celle des toboggans, est à éviter dans ces conditions. Certains passages deviennent franchement dangereux quand le débit est élevé — la puissance de l'eau transforme les glissades en quelque chose d'ingérable.
Ce repérage était utile : le lendemain, j'ai adapté le parcours du groupe en conséquence. C'est ça aussi le métier de guide — anticiper, observer, décider.
